RH, postmanagement et postmodernité / François Silva

Les ressources humaines, comme leur nom l’indique, s’intéressent à l’humain dans les organisations. Rien de très numérique là-dedans… Et pourtant ! Pendant une matinée, François Silva, professeur au Kedge Business School et chercheur au laboratoire Dicen-Idf, a partagé avec passion son expérience et son analyse d’une fonction en pleine disruption.

François Silva en compagnie de Nao

Selon François Silva, « tout n’est pas mathématisable », et nous apprenons que les NTIC nous ont amenés vers les NBIC, notamment dans la fonction Ressources Humaines. Les Nanotechnologies, Biotechnologies, Informatique et sciences Cognitives (NBIC) désignent un champ scientifique multidisciplinaire qui se situe au carrefour de ces quatre domaines.

Certains utilisent la notion de « convergence » pour souligner l’interconnexion croissante entre l’infiniment petit (N), la fabrication du vivant (B), les machines pensantes (I) et l’étude du cerveau humain (C).

On peut d’ailleurs observer que depuis près de trois ans, les offres d’emplois ne visent plus seulement les compétences traditionnelles attachées à la gestion RH pure, mais  intègrent également cette nouvelle notion de « convergence ».


RH : disruption et à l’ère de la postmodernité


En corollaire, les ressources humaines seraient en phase de disruption, car les NBIC ambitionnent une modélisation des pensées. Les recherches menées par des organisations telles que Lab RH (une initiative née du regroupement des acteurs innovants dans le domaine des Ressources Humaines, dans le but de fédérer, dynamiser et promouvoir l’innovation) ou l’Institut International de l’Audit Social (une association regroupant enseignants chercheurs et professionnels de l’audit social) nous amènent à penser que la Modernité a laissé place à la Postmodernité donnant lieu aux évolutions ci-après :

La modernité avait évacué la dimension émotionnelle ? Elle fait son grand retour dans la postmodernité. Le travail était valorisé à son plus haut niveau ? Il laisse la place à la créativité, la notion d’activité  (voire la futilité) prenant alors place dans le monde postmoderne. La transmission et le dialogue sont importants dans les relations car on se fait et se formate avec mais aussi contre l’autre. Toutes les activités doivent être repensées et l’on doit même se repenser soi-même, c’est-à-dire se remettre en question et parfois lâcher prise. Les nouvelles interactions conduisent à de nouvelles postures.

Durant ces dernières décennies, on avait oublié la signification de « vivre avec l’autre », en perdant de vue la convivialité. Or, cette notion de convivialité est essentielle aux nouvelles formes de relations et d’interactions avec les autres. Et les outils numériques se prêtent à cela. D’ailleurs pour qu’il y ait de la convivialité, il faut de l’inutilité.


Gestion des communs et auto-gouvernance


Le commun est désigné comme un nouveau paradigme et un lieu d’innovation, pouvant structurer la société de demain. La tragédie des biens communs est un phénomène collectif de surexploitation d’une ressource commune que l’on retrouve en économie, en écologie, en sociologie, etc…applicable aux ressources humaines. La tragédie des biens communs se produit dans une situation de compétition pour l’accès à une ressource limitée (créant un conflit entre l’intérêt individuel et le bien commun) face à laquelle la stratégie rationnelle aboutit à un résultat perdant-perdant.

François Silva cite le professeur Elinor Ostrom, dont les travaux ont fortement contribué à la théorie de l’action collective et la gestion des biens communs (matériels ou immatériels).

En l’occurrence les managers auront de plus en plus un rôle de régulation et ils seront très impliqués dans les réseaux sociaux qui se développent autour d’expertises. Les organisations doivent apprendre aux personnes à se parler mais aussi à s’écouter et à être dans le partage afin de permettre la « co » construction et la genèse de « l’intelligence collective ».

Entre autres, la gouvernance et la gestion des communs demandent une implication de tous et un des vrais enjeux de demain serait un minimum de régulation par un acteur extérieur.

Un grand MERCI au Pr. Silva pour sa belle et passionnante intervention !


Article réalisé par Thanh Nguyen

 

 

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